La Haute-Loire Paysanne 07 juin 2017 à 08h00 | Par Véronique GRUBER

15 sangliers à abattre : balle dans le camp des chasseurs !

Le 6 juin, les agriculteurs du secteur de Monistrol sur Loire ont fait état d’un ras le bol général devant la multiplication des dégâts dus à l’explosion des populations de sangliers.

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Les agriculteurs victimes de dégâts de sangliers se sont exprimés face à la presse locale.
Les agriculteurs victimes de dégâts de sangliers se sont exprimés face à la presse locale. - © HLP

À Peyron, sur la commune de Monistrol/Loire, Rodolphe Royon et Christophe Rousset, les associés du Gaec du Peyron, ont  encore eu à déplorer plusieurs attaques successives de sangliers. Chaque année, ce gibier s’attaque à leurs prairies ou à leurs silos d’ensilage de maïs, sauf que cette année, les assauts ont démarré  plus tôt, dès le mois de février.
«Après 1,3 ha de prairie naturelle retournée, nous avons semé à nouveau début avril. Quelques jours après, les sangliers sont revenus...» expliquent les agriculteurs qui ne cessent de faire des déclarations de dégâts !

Même pas peur
des clôtures électriques !
Mais le travail des sangliers ne s’est malheureusement pas arrêté là puisqu’ils se sont de nouveau attaqués à une parcelle de maïs et à un silo de maïs (non indemnisable). Même les clôtures électriques installées par les agriculteurs ne leur font plus peur !
Le constat est le même chez d’autres agriculteurs du secteur.
Excédés par cette situation, ces agriculteurs accompagnés par la section chasse de la FDSEA et les JA, ont organisé une conférence de presse au Gaec du Peyron. Cette rencontre faisait également  suite à la parution de deux articles relayant l’opinion des chasseurs de l’ACCA de Monistrol dans la presse locale. Très irrités par les propos de certains chasseurs à l’encontre des agriculteurs, la profession a tenu à rétablir certaines vérités.
Les populations de sangliers explosent depuis quelques années dans le secteur. «Depuis 2 ans, on voit même des sangliers traverser les bourgs en plein jour. Or, certains chasseurs ne veulent pas reconnaître qu’il y a du sanglier sur Monistrol» explique Gilbert Guignand, secrétaire général de la chambre d’agrculture et membre du bureau FDSEA. «On a l’impression que l’on élève des sangliers en les agrainant à proximité» explique Dominique Peyrard, agriculteur.

Commune sensible
La multiplication des dégâts a abouti au classement de Monistrol/Loire en commune sensible. Pour répondre à cette problématique, les services de l’État exigent à présent le prélèvement d’une quinzaine de sangliers entre le 1er et le 15 juin sur ce secteur. Face au refus des chasseurs de Monsitrol exprimé ouvertement dans la presse, le président de la section chasse de la FDSEA, Gilles Tempère répond : «la chasse au sanglier est réglementée. Cette décision de l’administration est la suite logique du schéma mis en place par la fédération départementale des chasseurs».
Et si les chasseurs ne répondent pas à la demande de l’administration, elle diligentera des gardes de l’ONCFS en vue de réaliser des tirs de nuit.
Les agriculteurs ont souhaité rétablir quelques vérités sur les indemnisations. «En aucun cas, les dégâts que nous, agriculteurs,  déclarons sont surestimés puis-qu’ils sont réalisés par un expert de la Fédération des chasseurs. De plus, l’indemnisation est très loin de payer le travail induit sur les parcelles touchées, sans compter l’impact psychologique du travail détruit par les sangliers» lance Gilles Tempère.
Et à tous ceux qui montrent du doigt le faible nombre de déclararations de dégâts remplis par les agriculteurs, Gilbert Guignand répond : «Cela demande beaucoup de temps à l’agriculteur et en plus, une grosse partie des dégâts ne se voit qu’au moment de la récolte !»
Il insiste également sur les risques sanitaires (peste porcine, fièvre aphteuse, tuberculose bovine...) liés à la prolifération d’animaux sauvages et qui pourraient infecter nos élevages.
La profession agricole est si exaspérée par les sangliers comme par l’attitude de certains chasseurs, qu’au lieu de demander un plan de chasse, ils comptent demander un plan d’abattage lors des prochaines réunions des comités de gestion.

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