La Haute-Loire Paysanne 21 juin 2017 à 08h00 | Par Actuagri

Les éleveurs retrouvent le moral

Après 10 ans de crise, les éleveurs de porcs reprennent espoir.

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Les mois qui viennent devraient être l’occasion de conforter la production en relançant l’installation des jeunes et la modernisation des élevages, d’adopter des mécanismes de sécurisation du revenu et aussi de rassurer les consommateurs par l’étiquetage.
Les mois qui viennent devraient être l’occasion de conforter la production en relançant l’installation des jeunes et la modernisation des élevages, d’adopter des mécanismes de sécurisation du revenu et aussi de rassurer les consommateurs par l’étiquetage. - © Réussir

L’horizon s’eclaircit pour les eleveurs de porcs. Apres 10 ans de galeres, «les eleveurs voient le bout du tunnel », a indique Paul Auffray, le president de la Federation nationale porcine, lors de l’Assemblee generale qui s’est deroulee a Paris, le 13 juin. Le marche europeen a retrouve son equilibre et si l’embargo russe est toujours la, l’appel d’air est venu d’Asie. Et notamment de la Chine qui a absorbe au premier trimestre 2017 40 % des exportations europeennes de viandes porcines, soit pres de 400 000 tonnes. Logiquement, les prix a la production se sont redresses et ils sont proches aujourd’hui de 1,50 €/kg contre 1,05 €/kg, il y a moins de six mois et la rentabilite des elevages est desormais au rendez-vous. Guillaume Roue, le president d’Inaporc, veut croire a un retour du cycle du porc qui annoncerait une conjoncture favorable pendant 12 a 15 mois encore. En attendant, les eleveurs ont paye un lourd tribut a la crise. Ils sont nombreux a avoir renonce et la France a vu sa production diminuer de 10 %. Sans parler de la perte de confiance dans l’avenir, notamment chez les jeunes. Pour la FNP, le retour a un environnement economique plus favorable devrait etre l’occasion de relancer les investissements et la modernisation des batiments d’elevage longtemps differes. Notamment par l’installation de jeunes. La question qui est posee est celle du financement des reprises quand on sait que 1 a 1,5 million d’euros est necessaire. Faut-il encourager le cedant a laisser temporairement son capital dans l’elevage par des dispositions fiscales ? Faut-il faire appel a des capitaux exterieurs ? Faut-il developper les garanties et les cautionnements ? L’Assemblee generale en a debattu. En tout cas le chantier est ouvert et des solutions devront etre trouvees dans un avenir proche pour relancer la production et ameliorer la competitivite mise a mal par des annees de crise.

Etiquetage et fonds structurel
D’autres defis sont a relever et Paul Auffray s’en est fait l’echo. Il y a celui lie a l’environnement et a l’elimination des nitrates, toujours present. Mais un nouveau sujet apparait, celui de la qualite de l’air pour laquelle les eleveurs devront controler les emissions de particules et d’ammoniac, du moins pour les elevages de plus de 2 000 tetes. Sans parler du bien-etre animal qui fait l’objet actuellement de campagnes tres offensives des associations de protection animale. Malgre l’echec des tentatives precedentes, la FNP n’a pas renonce a l’idee de securiser le revenu des eleveurs malmenes par la conjoncture ou qui pourrait l’etre par des evenements sanitaires ou environnementaux. Ainsi appelle- t-elle de ses vœux la creation d’un fonds structurel finance par un prelevement sur les achats de viande au detail et dont les ressources seraient redistribuees aux eleveurs quand la situation l’exige. La prochaine reforme de la PAC devrait etre l’occasion d’introduire un tel dispositif, estime Paul Auffray. Mais ce qui l’inquiete le plus dans l’immediat c’est l’essoufflement de l’etiquetage d’origine des viandes et de l’offre française en particulier. Malgre l’obligation qui est faite, les entreprises ont tendance a la delaisser et a privilegier les achats a l’etranger, notamment en Espagne. « Nous observons une forme de lachage du porc français », deplore le president, avant d’appeler les operateurs a jouer la carte nationale, dans l’interet de toute la filiere.

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