La Haute-Loire Paysanne 29 octobre 2014 à 08h00 | Par Suzanne MARION

Dossier de la semaine > Robot de traite : «Sans robot, je n’aurais plus de vaches laitières»

Témoignage > Jean-François Quintin a fait le choix d’un robot de traite en 2010 pour, entre autres, pallier un manque de main d’oeuvre.

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«Les vaches sont libres toute la journée et donc moins stressées» reconnaît Jean-François Quintin.
«Les vaches sont libres toute la journée et donc moins stressées» reconnaît Jean-François Quintin. - © HLP

Une vidéo sur le sujet sera réalisée pendant les portes-ouvertes Lely le 5 novembre !

 

Avec un recul de 5 ans, Jean-François Quintin se dit pleinement satisfait de son investissement dans un robot de traite. Mieux, il est catégorique. «Sans le robot de traite, aujourd’hui je n’aurais plus de vaches laitières» lâche-t-il non sans un pointe d’amertume.
Il faut dire qu’actuellement cet éleveur installé à Duliniac sur la commune de Céaux d’Allègre en EARL unipersonnelle depuis le départ en retraite de sa mère avec qui il était en Gaec, est en arrêt maladie depuis le 20 juillet date de son accident. Aujourd’hui encore, il n’a pas repris le travail et c’est un agent du Service de Remplacement qui assure l’essentiel des tâches sur l’exploitation.
Même si ce n’est pas ce cas de figure que l’exploitant avait mis en avant au moment de son achat, la pertinence d’un robot de traite sur ce type d’exploitation (en individuel) est bien mise en exergue avec cette configuration.

Salle de traite ou robot ?
Comment suppléer le départ de son associée le laissant seul sur l’exploitation, et dans un même temps faciliter le travail au quotidien notamment la traite ? Voilà la question que s’est posée Jean-François Quintin en 2009. Auparavant, il traisait ses 60 laitières dans des conditions difficiles et pénibles, à savoir au cornadis, ce qui lui prenait 6h par jour. Il se met donc en quête de solutions auprès de marchands de matériels et en allant visiter des installations. Sa première idée l’a naturellement conduit vers des salles de traite, puis au fil des discussions, il a envisagé le robot. «J’aimais traire, mais pour moi une salle de traite me permettait de gagner du temps mais pas suffisamment».
Il opte donc pour le robot de traite. C’est un investissement de 140 000 € de matériel auquel il faut ajouter des travaux sur un  bâtiment existant. Un investissement important certes, mais qui ne demandait pas trop de bouleversements des installations existantes. En février 2010, la nouvelle installation était fonctionnelle.
D’emblée, Jean-François a laissé faire la machine. Pour lui, «inutile d’être toujours présent, de pousser les animaux ou d’intervenir à tout bout de champ. La machine fait son boulot. Les animaux s’habituent à elle même s’il faut un temps d’adaptation pour les génisses ou en début de nouvelle lactation». Il insiste même, «les bêtes s’habituent plus vite à la machine qu’à l’homme ; la machine n’a pas d’humeur, elle».

Un oeil attentif
Mais si le robot a remplacé l’homme pour l’acte de traite, l’éleveur n’est pourtant pas dispensé de suivre son troupeau. Au contraire, la machine prend des mesures, fait des analyses, envoie des alertes… à l’homme de les interpréter et d’agir pour rectifier les anomalies, soigner, et optimiser ainsi les performances de son troupeau. Il doit donc régulièrement passer voir ses vaches et ce avec un oeil attentif, une évidence pour Jean-François Quintin qui ne peut concevoir le métier d’éleveur sans un contact et un lien avec les animaux.
Avec l’installation d’un robot, c’est toute la conduite du troupeau qui doit être revue. Le cheptel est conduit en zéro pâturage. Seules les génisses et les vaches taries peuvent aller dans les prés. Pour les laitières, elles sont nourries au cornadis en ration complète à base de maïs, d’ensilage d’herbe, de foin…. Ce changement de pratiques est au final bénéfique pour l’exploitation. L’éleveur souligne qu’il gaspille moins de fourrage par piétinement notamment, qu’il abime moins ses prairies, qu’il évite les corvées de clôtures et de portage d’eau au pré… Bref pour lui, le zéro-pâturage lui facilite le travail tout en améliorant la production.

Panne interdite !
Un bémol toutefois. La traite avec un robot ne souffre pas d’interruption. Une demi heure d’arrêt pour nettoyage, pas de problème. Mais si une panne dure plus d’une heure, déjà les vaches manifestent leur agacement. Il faut donc agir très vite et après rétablissement de l’activité, surveiller pour que tout rentre dans l’ordre. Pour pallier une éventuelle coupure d’électricité, l’éleveur a acheté un groupe électrogène, et en cas de panne il fait appel au service de maintenance pour lequel il cotise annuellement. Alors pour éviter les pannes, il faut entretenir régulièrement le matériel.
En résumé, Jean-François Quintin voit dans le robot de traite un outil gagnant-gagnant : «les vaches gagnent en auto-gestion et sont libres et non stressées, et l’éleveur est lui aussi déchargé de la contrainte de la traite bi-quotidienne et assure la surveillance du troupeau à sa guise».


Suzanne Marion

 

Découvrez ou re-découvrez nos deux reportages vidéos réalisés sur le sujet :

"Modernisation - Découvrez en vidéo le robot de traite Lely Astronaut 2 stalles"

et "Tecnhologie - Robot de traite MI One de GEA Farm Technologies : plusieurs boxes de traite possibles".

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