La Haute-Loire Paysanne 22 mars 2013 à 09h04 | Par Suzanne MARION - Helena Cauvet

En vidéo - Des agriculteurs fiers d’un métier qu’ils aiment et qu’ils ont choisi

Loi sur l'eau ? Zones vulnérables? Directive nitrates ? Retrouvez en vidéo l'interview de Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA, un producteur de lait dans la Manche, fier de son métier. Mardi 19 mars, à St Germain Laprade les adhérents de la FDSEA et les responsables des Organisations professionnelles départementales étaient réunis pour le 67ème Congrès.

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Pascal Ferey "nous pouvons être fier de notre métier" © HLP

Le tandem à la tête de la FDSEA : Claudine Pastre secrétaire générale et Yannick Fialip président.
Le tandem à la tête de la FDSEA : Claudine Pastre secrétaire générale et Yannick Fialip président. - © HLP


Fiers d’être agriculteurs, fiers de nourrir la population, fiers de produire de la qualité, fiers d’être acteurs d’un territoire, fiers de travailler la terre… lors du Congrès de la FDSEA qui s’est tenu ce mardi 19 mars à St Germain Laprade, ils ont été nombreux, parmi les intervenants, à afficher la passion de leur métier.C’est notamment le cas du nouveau président de la FDSEA, Yannick Fialip qui a insisté sur les 3 points de fierté qui sont pour lui «un guide dans sa vie d’agriculteur et plus largement de citoyen». Il met sur la première marche la famille qui est un pilier sur lequel est fondé l’équilibre de bon nombre d’exploitations. Ensuite c’est son métier d’agriculteur, «métier difficile qui oblige à beaucoup de sacrifices mais qui est une fierté permanente car il conduit à perpétuer la vie humaine en fournissant quotidiennement le carburant vital à chaque citoyen français». Et enfin, il place en 3ème position son engagement dans le syndicalisme et pour lui «appartenir à cette grande famille qu’est la FNSEA est une vraie force pour défendre notre métier».

Stop aux contraintes
Cette fierté que l’on a ressenti pleinement tout au long des travaux de ce Congrès, est néanmoins largement entachée par le sentiment qui habite désormais le monde agricole, sentiment de mépris, d’incompréhension de la part de la société et des pouvoirs publics.C’est pourquoi, cette année le rapport d’orientation (lire en page 6) avait pour thème «laissez-nous exercer notre métier» avec en sous-titres «stop aux contraintes administratives et environnementales, stop à l’empilement des mesures, stop au non respect de la présomption d’innocence, stop aux normes inutiles ou incohérentes…».Bref comme l’a résumé l’invité national Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA, «ce que vous demandez, c’est de l’espace de liberté». Ni plus ni moins, comme le formulait Claire Souveton en conclusion du rapport d’orientation : «Laissez-nous travailler et nous participerons fièrement à redresser la situation économique de notre Pays et à nourrir tous les français avec des produits de qualité».
Nombre de situations absurdes et abusives ont été données en exemple au représentant de l’État, Denis Conus Préfet de Haute-Loire, pour mettre en évidence la suradministration, la complexité des démarches, les aberrations, les contrôles intempestifs et même les excès de zèles de certains fonctionnaires. Monsieur le Préfet a reconnu que la liste pourtant non exhaustive des déclarations et justifications imputées à chaque exploitant qu’a présentée Thierry Cubizolles l’a «effondré».Expliquant que les contrôles sont directement liés à l’octroi d’aides, qu’ils sont un atout pour justifier des bonnes pratiques agricoles… il reconnait néanmoins que ces contraintes sont lourdes.Face à cela, il répond à la demande du syndicalisme en proposant de réunir rapidement un groupe de travail avec l’administration et la profession pour élaborer une charte régionale afin de remettre du «bon sens» et de «l’intelligence» dans tout cela, et de porter cela à l’échelon régional puisque c’est désormais au niveau de l’ASPqu’il faut agir.Les responsables professionnels ont pris note de cette proposition et ont assuré qu’ils seront au rendez-vous. Laurent Duplomb, président de la Chambre d’Agriculture a même ajouté : «nous serons intransigeants sur les résultats».

Agriculture et environnement
Toujours sur ce même thème, mais plus particulièrement sur le volet environnemental, Pascal Ferey a mis en évidence un déséquilibre dans le débat entre la profession agricole et les instances environnementales, prenant pour exemple la minorité à la DRAAF (agriculture) face à la DREAL (environnement)… Il pointe également du doigt des incohérences et des incertitudes qui polluent davantage encore la situation. Et pour l’illustrer il interroge le Préfet sur la définition d’un cour d’eau, qui répond en toute bonne foi qu’il ne sait pas… Un exemple parmi tant d’autres pour montrer que l’agriculteur est régulièrement suspendu à des interprétations des textes qui le mettent dans le doute.
Pour combattre ce «mal français qui nous gangrène», la FNSEA avec les JAn’hésiteront pas, nous dit Pascal Ferey, à «aller devant les tribunaux pour faire entendre nos voix». Il fait notamment référence aux dossiers concernant les zones vulnérables. Et de dénoncer la superposition d’éléments sur le plan environnemental qui au final fige les territoires.
Pour conclure sur ce thème largement abordé et sous tous ses angles, le message de l’invité national comme du représentant de l’État, est d’inviter les agriculteurs et les responsables syndicaux à être présents partout, dans toutes les commissions où l’on aborde les questions agricoles bien sûr mais aussi les questions d’urbanisme, d’eau, de biodiversité, de salubrité… «Ce sont des débats qui vont avoir lieu dans les mois qui viennent et où le syndicalisme a un rôle important à jouer» insiste Pascal Ferey. Et tout cela dans un seul but, comme le dit Yannick Fialip, pour que «chaque agriculteur puisse être fier de son métier».

Suzanne Marion
Pascal FEREY 
«Ce que vous demandez, c’est de l’espace de liberté» résume le représentant de la FNSEA, qui aspire à essayer de combattre «ce mal franco-français qui nous gangrène».
Pascal FEREY «Ce que vous demandez, c’est de l’espace de liberté» résume le représentant de la FNSEA, qui aspire à essayer de combattre «ce mal franco-français qui nous gangrène». - © HLP

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