La Haute-Loire Paysanne 09 septembre 2015 à 08h00 | Par Suzanne MARION

Réactions suite aux manifestations > Le président de la FDSEA de Haute-Loire et Anthony Fayolle, président de JA 43 tirent un premier bilan

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4 tracteurs de Haute-Loire sont montés à Paris conduits par Didier Martel et Yannick Fialip pour Brioude, et Guillaume Redon et Aurélien Martin, 2 JA de Saugues. (© FDSEA43) La Haute-Loire était représentée dans les rangs des manifestants ce lundi à Bruxelles © FDSEA43 Rasemblement place de la Nation à Paris le 3 septembre © Réussir Massif Central © Jérémy Convers FNSEA et JA © Jérémy Convers

Réactions > Le président de la FDSEA de Haute-Loire était à Paris le 3 septembre au volant d'un tracteur, puis 4 jours plus tard à Bruxelles. À son retour, il tire un premier bilan : «le verre est à moitié plein...».

Si pour Yannick Fialip président de la FDSEA, «le Gouvernement français n'a pas encore pris la pleine mesure de la crise agricole», la Commission européenne, elle, «n'a pas compris» pire, elle affiche un «mépris envers les agriculteurs». Rentrant de Bruxelles ce mardi matin, il analyse le bilan des 2 journées de mobilisation, le 3 septembre à Paris et le 7 au siège de la Commission européenne, et considère que «le verre est à moitié plein».
Au niveau national, pour lui le Gouvernement n'a pas été encore assez loin notamment sur les prix. «Il ne fait pas assez d'efforts pour aider les agriculteurs à retrouver des prix corrects. Le gouvernement n'est pas allé au delà des engagements de juillet, et ne met pas la pression sur les industriels comme le demande la profession».
Par contre Manuel Valls a annoncé un dispositif à court terme pour aider les agriculteurs en difficultés, qui devrait dégager de la trésorerie pour nombre d'exploitations de Haute-Loire. Les crédits FAC, la possibilité pour ceux qui le demandent de reporter une année d'annuités en fin de tableau, ou encore la possibilité d'exclure les 2 meilleures années (2013 et 2014) du calcul et garder 2015 pour les cotisations sociales et les impôts... autant de mesures qui apporteront un peu d'oxygène aux trésoreries de nos exploitations. Reste bien sûr à attendre la mise en place de ces dispositifs, que la profession espère rapide.
Yannick Fialip reste donc un peu sur sa faim après les annonces du Gouvernement. Quant aux sifflets qui ont accueilli Xavier Beulin au sortir du rendez-vous à Matignon, le président de la FDSEA rappelle qu'«il ne faut pas se tromper de cible. C'est le Gouvernement qui n'a pas répondu, ce n'est pas le président de la FNSEA».
Alors encore chauds après la mobilisation de Paris, les agriculteurs français à l'instar de Yannick Fialip attendait beaucoup de la manifestation du 7 septembre à Bruxelles. Peut-être trop...
Et la désillusion est donc à l'échelle des attentes. «On a
été fraîchement accueillis à Bruxelles. Le Commissaire européen de l'agriculture, Phil Hogan était absent. Pourquoi ? on n'en sait rien... Seul le vice-président a reçu une délégation pendant 20 à 30 minutes». Cette absence en dit long sur l'état d'esprit de la Commission européenne face à la crise agricole pour Yannick Fialip : «la Commission n'a pas pris en considération la crise agricole qui touche pourtant toute l'Europe. L'agriculture européenne est en crise et avec elle tout le modèle alimentraire basé sur des produits de qualité».
La seule réponse concrète c'est le déblocage de 500 millions d'euros pris sur l'enveloppe des pénalités laitières, donc de l'argent pris aux éleveurs laitiers. Et sur la véritable cause de cette crise, à savoir l'embargo russe décrété par l'Europe qui a mis à mal les marchés agricoles, rien. La Commission fait la sourde oreille.
Face à ce désengagement, le président de la FDSEA ne cache pas ses craintes «le risque, c'est la montée des extrêmes et le refus du projet européen, c'est le démantèlement de la Politique Agricole Commune et donc de tout le projet européen puisque l'agriculture est le seul véritable projet commun».
Alors aujourd'hui, la balle est retournée dans le camp des différents gouvernements européens, et la profession, FNSEA et JA, reste mobiliser. «Dans les prochains jours, nous réunirons un conseil FDSEA/JA, pour décider de la suite...» précise Yannick Fialip.


Suzanne Marion


Réaction d'Anthony Fayolle, président de JA 43
Réaction d'Anthony Fayolle, président de JA 43 - © HLP

Réaction d'Anthony Fayolle, président de JA 43 : «Mitigé»

Anthony Fayolle regrette le manque d'avancées sur le fond de la crise.

Le président des JA de Haute-Loire est lui aussi un peu «mitigé» dans son analyse après les manifestations de Paris et Bruxelles. Il note d'abord la bonne mobilisation des agriculteurs et notamment les altiligériens, une centaine à Paris et une cinquantaine à Bruxelles : «merci à tous ceux qui ont pris sur leur temps».
Quant aux retours après cette semaine de mobilisation, qui fait suite à un été d'actions, rappelle-t-il, Anthony Fayolle reconnaît qu'une «brêche s'est ouverte. Le malaise de l'agriculture a été compris par le gouvernement, même si nombre d'éleveurs attendaient plus...».
On note quand même «de bonnes choses avec un plan de soutien renforcé, une volonté de revoir les règles environnementales et les normes administratives, une demande sur laquelle on insiste depuis longtemps...».
Mais le représentant des JA43 regrette qu'il n'y ait «pas eu d'avancées sur le fond de la crise, à savoir les prix de nos produits, les distorsions de concurrence entre pays...».
Anthony Fayolle veut néanmoins resté optimiste même s'il précise que FDSEA et JA ne vont pas en restés là et que la mobilisation continue parce que maintenant «il faut un réel courage politique pour faire avancer les choses et sortir l'agriculture de la crise durablement».
Et s'il positive c'est aussi en écho à la réaction d'un grand nombre de parisiens rencontrés le 3 septembre, des parisiens qui «soutiennet l'agriculture et les agriculteurs» à travers lesquels ils retrouvent «un modèle de vie» et la «valeur du travail». C'est aussi parce que le «manger français» est aujourd'hui mis en avant... «Ce sont plein de petites choses qui mises bout à bout, montrent que notre mobilisation commence à porter ses fruits...».


Suzanne Marion

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