La Haute-Loire Paysanne 02 septembre 2015 à 08h00 | Par Véronique GRUBER

Rentrée scolaire : Quentin a choisi la voie de l’apprentissage pour devenir agriculteur

Quentin Falcon, 16 ans, veut devenir agriculteur. Dans quelques jours, le jeune homme, qui n’est pas issu du milieu agricole, suivra une formation en alternance.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Quentin Falcon entre en BPREA, une formation par alternance de 2 ans, qui lui permettra de devenir agriculteur.
Quentin Falcon entre en BPREA, une formation par alternance de 2 ans, qui lui permettra de devenir agriculteur. - © HLP

C’est la rentrée des classes. Le  moment où les jeunes retrouvent le chemin de l’école. Parmi eux, Quentin Falcon de Chaspuzac, 16,5 ans, qui s’apprête à suivre un BPREA (Brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole) en  apprentissage.
Le 7 septembre prochain, il intègrera le CFA de Marmilhat à Lempdes (63), mais avant son retour en classe, sa formation va démarrer auprès de son maître d’apprentissage à Chaspuzac.
Même si le jeune homme n’est pas du tout issu du monde agricole, avec une maman employée de vie scolaire dans une école et un papa chauffeur routier, Quentin connaît depuis longtemps le métier de ses rêves : agriculteur.
A l’âge de 8 ans, un agriculteur de sa commune s’est aperçu de son attrait pour les animaux, les cultures... et lui a proposé de passer du temps à ses côtés. Ce qu’il fit pendant les vacances et durant les week-end pendant plusieurs années.
«J’observais le travail sur les vaches laitières, dans les champs... Et lorsque je suis entré au collège, en classe de 6e, j’ai dit à mes parents que je voulais devenir agriculteur et plus précisément éleveur producteur de lait» explique-t-il.
Ses parents se sont montrés favorables à son ambition tout en pensant qu’il allait très certainement changer d’avis avec le temps. Or, il n’en est rien : «plus les années passaient, plus il s’intéressait à ce secteur d’activité» explique sa mère Catherine.
Etant donné que Quentin ne tenait pas à s’engager dans de trop longues études, il est entré en seconde professionnelle «CGEA-Conduite et gestion de l'exploitation agricole» ; une formation qui, selon lui, manquait de pratique.
C’est donc pour  trouver davantage de pratique qu’il suivra durant les deux prochaines années un BPREA au CFA de Malmilhat.

Trouver un maître d’apprentissage
Pour ce faire, Quentin et ses parents ont dû batailler durant plusieurs mois afin de trouver un maître d’apprentissage qui veuille bien l’accueillir. Une tâche réputée ardue, mais qui l’était encore plus pour des gens en dehors du milieu agricole !
Après avoir essuyé de nombreux refus, au bout de 3 mois, Quentin a enfin trouvé son maître d’apprentissage, un associé de Gaec dans un élevage laitier installé à Chaspuzac.

Lourdeur administrative
Sa maman qui l’a soutenu et accompagné dans ses recherches montre du doigt les lourdeurs administratives auxquelles elle a dû faire face : «J’ai brassé énormément de papiers pendant toutes mes vacances. Je dois aussi avouer que nous avons eu à faire à quelques interlocuteurs désagréables et peu réceptifs lors de nos démarches ; ces derniers n’ont pas compris que, n’étant pas du milieu agricole, nous avions besoin d’informations peut-être plus complètes !».
Quentin a une idée assez précise de son devenir. Après ses 2 ans de BPREA, il s’engagera dans une certification en machinisme agricole pour acquérir des compétences supplémentaires. A terme, il aimerait s’installer «en société, car je n’ai pas de terre, pas de bâtiment et pas de matériels...». Toutefois, il ne rejette pas l’idée de démarrer sa carrière en tant qu’ouvrier agricole chez un agriculteur. «Il a tout à apprendre, et il peut le faire au contact d’associés ou bien d’un patron» indique sa mère.
En tout état de cause, s’il s’installe, ce sera en vaches laitières ; une production qui le passionne.  Et sur les conseils de sa mère, il s’orientera, dans la mesure du possible, sur la fabrication de fromages afin de valoriser au mieux le lait.
Sa mère, Catherine, qui a bien du mal à trouver un emploi en lien avec sa formation (licence de biologie assortie d’une certification HACCP), n’exclut pas la possibilité de s’installer aux côtés de son fils dans une activité de transformation.


Véronique Gruber

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La Haute Loire Paysanne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui