La Haute-Loire Paysanne 28 janvier 2015 à 08h00 | Par Véronique GRUBER

Inter-culture : Les cultures intermédiaires : de multiples intérêts

La Chambre d’agriculture et Euréa Coop ont organisé une visite des essais de cultures intermédiaires conduits sur les communes de Cerzat et de Couteuges.

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Les essais consacrés aux cultures intermédiaires ont été ouverts à la visite le 20 janvier dernier.
Les essais consacrés aux cultures intermédiaires ont été ouverts à la visite le 20 janvier dernier. - © HLP

Suite au Grenelle de l’environnement, le plan Ecophyto a été mis en place ; son objectif est de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires tout en ayant
des systèmes performants sur le plan économique. Dans le même temps, «la population mondiale s’accroît, tout comme les besoins alimentaires. Or, on s’aperçoit qu’avec le système sanitaire actuel (produits phyto disponibles, types de rotations...) nous arrivons au bout du système ; les nuisibles sont de plus en plus présents. Nous avons de moins en moins de produits phytosanitaires et on note des résistances. Il faut donc trouver d’autres méthodes alternatives» explique Patricia Tyssandier, Conseiller spécialisé à la Chambre d’agriculture.
Le réseau Ecophyto a mis en place un réseau de fermes (9 fermes en Haute-Loire) en vue de travailler sur les alternatives aux produits phyto et acquérir des références.
Il existe plusieurs méthodes alternatives ; on peut notamment jouer sur la rotaton, le choix variétal, les densités de semis et les couverts végétaux.

Couverts végétaux à l’essai
C’est à cette dernière méthode que la Chambre d’agriculture et le groupe Euréa Coop se sont intéressés en implantant deux essais. Le premier essai supervisé par la Chambre d’agriculture et RAGT se situe à Cerzat, chez Jean-Pierre Beaune. Implanté tardivement, fin août, il accueille 16 modalités à base de graminées, crucifères, légumineuses (plantes semées en pur ou en combiné) dont l’impact agronomique a été observé.
Le 20 janvier, Patricia Tyssandier a livré les résultats de l’essai : «D’un point de vue biomasse, avec plus de 3 tonnes de MS, ce sont des couverts très intéressants malgré un semi tardif. La couverture de sol est également intéressante selon les espèces ; la moutarde, le radis, le colza ont rapidement couvert le sol empêchant la levée des mauvaises herbes. Certaines espèces ont bien restructuré le sol, c’est le cas de quelques crucifères (radis)» explique la conseillère.
Certains couverts végétaux (à base de légumineuses - Ray Grass + trèfle...) peuvent aussi servir d’alimentation pour le troupeau et peuvent donc être paturés à l’automne ou récoltés en coupe d’ensilage.

Des pièges à nitrate
Les prélèvements d’azote qui ont été réalisés sur cet essai révèlent  que les couverts végétaux ont une action de piège à nitrates. «Entre 40 et 60 unités d’azote ont été piégés. C’est de l’azote en moins qui partira dans les nappes phréatiques. Selon les espèces, cet azote piégé sera restitué à la culture suivante» explique Patricia Tyssandier.
A ce jour, les fermes altiligériennes qui ont choisi d’implanter des couverts végétaux sont rares. Selon Patricia Tyssandier, «cette méthode d’inter-culture est surtout bien adaptée aux zones de plaine et de semi-montagne (de 500 m jusqu’à 800 m). En zone de montagne, l’inter-culture est très courte, il faut donc calculer la rentabilité du couvert».

Sensibilité au gel
Cet essai a également permis d’évaluer l’impact du gel sur les 16 modalités en sachant que les couverts végétaux gélifs présentent un intérêt pour leur destruction. La destruction naturelle des cultures intermédiaires par  le gel évite le passage d’outils mécaniques ou de désherbants pour les détuire. «Les crucifères base moutarde, les facélies, les lentilles, vesce de printemps se détruisent facilement sous l’effet du gel».


Véronique gruber

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