La Haute-Loire Paysanne 30 mars 2015 à 08h00 | Par Article : Jean Marc Izoulet et Josiane Chaussaroux /Vidéo : Helena Cauvet

En vidéo : des portes-ouvertes pour découvrir de nouvelles techniques de travail

Se projeter, pour un choix pertinent de l’installation de traite. Salle de traite épi 30 ° et 50°, tandem, par l’arrière, rotative ou robot : la palette est large.Mais la décision doit résulter d’un bon compromis. Mercredi dernier avait lieu les portes-ouvertes de l'exploitation de M.Gravegeal à Sanssac L'Eglise, organisées par Lely Center de Coise, pour découvrir de nouvelles techniques de travail.

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Portes-ouvertes © HLP

Dans le cadre d’une rénovation ou de création de bâtiment, le type d’installation de traite doit répondre aux objectifs de l’éleveur. De fait, la réflexion est prioritaire et les questions en termes d’évolution du cheptel, du nombre de trayeurs, du temps de traite, de l’astreinte, du remplacement, du budget doivent être prises en compte.

Le troupeau et son évolution
L’installation de traite est prévue pour plus de 15 ans. La taille actuelle du troupeau et son accroissement prévu, conjugués aux objectifs de temps de traite peuvent aider au choix.
Avec un troupeau de moins de 50 vaches, la salle de traite épi est suffisante pour traire avec un seul trayeur en une heure environ, avec un décrochage automatique à partir d’une 2x5. Avec des troupeaux de plus de 130 vaches, la salle de traite épi n’est plus appropriée pour traire en moins de 1h30. La traite par l’arrière convient partout, mais avec plus de 80 vaches, il est nécessaire d’avoir 2 trayeurs.
La salle de traite rotative se rencontre plutôt dans les cheptels de plus de 80 vaches et permet globalement soit de réduire le temps de traite soit de réduire le nombre de trayeurs. Pour une bonne hygiène de traite, il est nécessaire d’avoir 2 trayeurs. L’investissement sur un roto s’amortit plus aisément à partir de 100 vaches.
Enfin, le robot peut s’envisager à partir de 50-60 vaches. Il permet de différer l’astreinte et de la réduire fortement. Par contre le robot offre peu de souplesse en termes d’évolution d’effectif : une stalle convient à 50-60 vaches. Au-delà, il faut une seconde stalle, un investissement qui suppose un accroissement plus important du troupeau (100/120 vaches) pour ne pas pénaliser la rentabilité de l’atelier.

Le bâtiment, l’implantation du bloc traite et le travail : le cœur de l’organisation
Le choix d’une installation a des conséquences sur le temps passé à la traite, sur l’ergonomie du travail, sur l’organisation de la journée et sur le lien à l’animal.
Lors d’une construction neuve de bâtiment, le choix de l’installation de traite est peu lié au type de bâtiment choisi. En revanche, dans le cas d’une extension ou d’une rénovation, la configuration existante du bâtiment limite plus le choix. Il est toujours plus facile de remplacer une salle de traite par une autre salle de traite ! Mais il faut profiter du réaménagement du bâtiment pour reconfigurer l’installation de traite. Il est nécessaire de penser global : lieu d’alimentation, lieu de couchage, lieu de traite. La circulation des animaux est primordiale. Bien sûr, il faudra composer avec les dispositifs régle- mentaires et les dimension- nements des locaux.
Le choix du robot permet de se libérer de l’astreinte de la traite matin et soir. En contrepartie, il faut se rendre disponible en cours de journée pour assurer le suivi du robot : gérer les données informatiques, amener les vaches retardataires vers le robot. Le robot ne supprime pas l’œil de l’éleveur. Le choix d’une salle de traite répond lui aux éleveurs qui acceptent le travail d’astreinte matin et soir et qui ne veulent pas revenir à la « traite » en cours de journée.

La structure d’exploitation et les coûts ne sont pas à négliger
La prise en compte de la structure du parcellaire et de la valorisation des types de parcelles aident à orienter le choix. Le robot peut être un frein au pâturage à moins que le parcellaire soit groupé autour des bâtiments. Et si l’éleveur réduit ou arrête de faire pâturer alors la conduite du système fourrager devra être revue car l’alimentation se fera essentiellement avec des stocks fourragers et l’équilibre stocks-pâture est considérablement modifié.
Outre le coût de l’investissement qui pèse lourd dans la décision car il induit des annuités importantes, le coût de fonctionnement des appareils et des options, le coût de la maintenance, la consommation d’eau et d’énergie sont également des éléments d’aide à la décision. La qualité du service après-vente ne doit pas être oubliée car sur un dispositif de traite ce poste demande une grande réactivité.
L’installation d’un robot entraîne en général un accroissement des coûts alimentaires mais s’accompagne d’une production par vache plus élevée. Cela a une conséquence directe sur l’effectif de vaches pour respecter les volumes de livraison.
De nombreux paramètres sont donc à prendre en compte avant de s’engager pour un choix adap-té aux objectifs et contraintes des éleveurs. Pour vous accompagner dans votre démarche, le conseiller traite et le service bâtiment de l’EDE ou votre conseiller d’élevage sont à votre disposition.


Jean Marc Izoulet et Josiane Chaussaroux

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