La Haute-Loire Paysanne 20 janvier 2016 à 08h00 | Par Suzanne MARION

Installation : Avec 38 installations en 2015 seulement, les jeunes agriculteurs restent motivés

Un bilan des installations en 2015 était présenté aux acteurs économiques du monde agricole, le 14 janvier dernier, à Siaugues Ste Marie.

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Le bilan des installations 2015 suscite de nombreuses questions et surtout des pistes de travail.
Le bilan des installations 2015 suscite de nombreuses questions et surtout des pistes de travail. - © F.D'alteroche

Ils ont en moyenne 27 ans, 70 % d’entre eux sont associés de Gaec, la moitié ont des bovins lait et 20 % des bovins lait + viande, leur exploitation compte 43 ha, et ils ont perçu en moyenne 27 000 € de DJA… voilà un portrait rapide des 38 installés avec les aides JA en agriculture en Haute-Loire en 2015. 38 seulement contre 57 en 2014. «C’est peu, c’est très peu, déplore Anthony Fayolle président des Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire, j’espère que c’est juste un creux et que ça repartira. Le nombre de passages au Point Info Installation est stable ce qui veut bien dire que les jeunes sont toujours intéressés pour s’installer. Mais la conjoncture les oblige à mieux réfléchir leur projet et à le retarder peut-être».


Le parcours à l’installation

Jeudi 14 janvier, à Siaugues Ste Marie, les responsables du PAIT (Point Accueil Installation Transmission) avaient réuni les acteurs du monde agricole et rural pour faire le bilan des installations sur l’année 2015. Camille Vignerot en charge du PAI devait dans un premier temps rappeler l’objectif de ce pôle, à savoir l’accueil de tous les porteurs de projet quel que soit leur âge, niveau de formation ou degré d’avancement de leur projet, suivi d’un temps d’échanges autour de ce projet.Le jeune peut s’informer sur les aides à l’installation et autres aides (Pôle Emploi, PCAEA, diversité des productions…), sur les démarches d’installation avec ou sans les aides, les formations complémentaires…  La technicienne va ensuite l’orienter vers les organismes ressources en fonction de ses besoins (formation, recherche de structure, clarification projet…). «162 porteurs de projet ont été renseignés en 2015» souligne Camille.La seconde étape du parcours se passe au Centre d’Elaboration du Plan de Professionnalisation Personnalisé (CEPPP) avec Floralie Martin. Le but du 3P est de compléter les compétences du candidat, au-delà de son diplôme, pour le préparer au mieux à la fonction de chef d’exploitation et de lui faire prendre de la distance par rapport à son projet, pour mieux en appréhender les enjeux techniques, économiques, et sociaux. Notons que depuis cette année 2015, le PPP est ouvert aux candidats non éligibles aux aides. Le bilan 2015 montre que sur 64 candidats reçus au cours de l’année, seuls 57 ont validé leur 3P.Vient ensuite le temps du stage 21 h qui a été suivi par 54 candidats l’an dernier au cours de 5 sessions.


Sensibilisation, anticipation

Pour accompagner et favoriser les installations, d’autres outils existent et fonctionnent en parallèle. Le Répertoire Départemental à l’Installation met en relation les cédants et les porteurs de projets. En 2015, on recense l’inscription de 21 exploitations dont 7 en recherche d’associés et 1 relevant de la procédure Agridiff. Et du côté des candidats à l’installation, 48 se sont inscrits en 2015 dont 14 résidant en Haute-Loire (12 en recherche de structure et 2 en recherche de foncier pour conforter l’exploitation existante). Soulignons que 15 d’entre eux avaient un projet de production caprine avec transformation.Dans le cadre du Point Accueil Transmission, Josiane Méjean insiste sur le travail de sensibilisation conduit auprès des agriculteurs proches de la retraite pour anticiper leur cessation d’activité et préparer au mieux et le plus tôt possible l’éventuelle installation d’un jeune. La technicienne précise que sur le département, on compte de plus en plus d’exploitations importantes à reprendre soit comme associé dans une société soit en tant qu’exploitant individuel.Dans la salle, plusieurs questions ou interrogations ressortent. Ainsi on s’inquiète des 21 inscriptions seulement d’exploitations à reprendre au RDI face aux 250 cessations d’activités recensées. On constate également une déperdition chez les porteurs de projets entre le début du parcours et l’installation.Ce qui fait dire aux responsables, président des JA ou élu Chambre d’Agriculture en charge du dossier installation Mikaël Vacher, qu’il faut «continuer et accentuer le travail fait avec les cédants», il faut également «augmenter le nombre de stages de parrainage» et pour Anthony Fayolle «revoir le système du foncier» qui est trop souvent un frein à l’installation. Les responsables en appellent aussi aux collectivités territoriales, communes et communautés de communes, pour tisser un lien avec la Chambre d’Agriculture afin d’unir leurs forces et installer des jeunes sur tout le territoire altiligérien.


Suzanne Marion

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