La Haute-Loire Paysanne 10 février 2016 à 08h00 | Par Suzanne MARION

Chien de Troupeau : 5 000 € pour le dépistage des maladies oculaires héréditaires du Border Collie

Lors de son assemblée générale, l’Association Chien de Troupeau 43 a invité le Dr Chaudieu spécialiste en ophtalmologie vétérinaire.

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«Hego», qui a séduit le public lors du Championnat 
national qui s’est déroulé en août 2014 au Mazet, est atteint de l’atrophie rétinienne du Border Collie.
«Hego», qui a séduit le public lors du Championnat national qui s’est déroulé en août 2014 au Mazet, est atteint de l’atrophie rétinienne du Border Collie. - © ACT43

C’est par une donation en faveur de la recherche pour le dépistage des maladies oculaires héréditaires du Border Collie qu’a débuté l’assemblée générale de l’Association Chien de Troupeau 43, samedi 6 février à Roche en Régnier. Un chèque de 5 000 € a été remis par le président Jean-François Quintin au CNRS de Rennes et plus précisément à l’unité de génétique du chien dirigée par Catherine André.Lr Dr Gilles Chaudieu vétérinaire dans le Puy-de-Dôme spécialisé en ophtalmologie et qui s’intéresse de près à cette maladie qu’est l’atrophie rétinienne du Border Collie, et ce depuis 1997 voire avant, a présenté à l’assemblée un dossier pour expliquer cette maladie, ses conséquences, le dépistage… Cette maladie oculaire est invalidante puisqu’elle conduit à une perte progressive de la vue chez le chien allant jusqu’à la cécité. Souvent elle se déclare entre 4 et 8 ans. Cette tare oculaire est une maladie récessive transmise par le chromosome X, puisque le gène impliqué est situé sur ce chromosome. Un mâle ne peut donc qu’être sain (son chromosome X porte le gène normal) ou malade (son chromosome X porte le gène muté). Un mâle n'est jamais porteur, et ne transmet donc pas la maladie à ses descendants. Par contre, une femelle est soit saine (ses deux chromosomes X portent le gène normal), soit porteuse (un des deux chromosomes X porte le gène muté et l'autre porte le gène normal), soit malade (ses deux chromosomes X portent le gène muté). «Ce cas de figure est très rare» souligne le Dr Chaudieu.Pour identifier la maladie, il faut examiner les chiens  par un fond d’oeil et les réexaminer entre 1 an et 7 ans d'âge. Mais le Dr Chaudieu précise qu’il est aussi important de connaître le pedigree du chien et de s’assurer de sa fiabilité. L’examen prévoit aussi une prise de sang.Pour contrôler la maladie, le vétérinaire conseille bien sûr de ne pas mettre à la reproduction des sujets atteints, sauf que «ce n’est pas si simple puisque certains chiens n’expriment pas très bien la maladie».Depuis que l’on s’intéresse à cette tare oculaire, des résultats sont visibles. Ainsi 20 % des chiens examinés étaient atteints en 2001 contre 8 % en 2012.


Un test de dépistage rapide avant fin 2016 ?

Pour poursuivre dans cette voie et trouver un test de dépistage plus rapide, le CNRS de Rennes a une équipe qui travaille sur le séquençage complet du génome du chien. Cette recherche coûte autour de 5 000 € par test et c’est pour cela que l’aide versée par l’Association Chien de Troupeau 43 a un intérêt direct. Elle servira donc au «séquençage du génome d’une femelle atteinte avec un pedigree connu -et il y en a moins de 10 actuellement recensées- pour apporter une réponse dans l’année» espère Gilles Chaudieu ; une réponse c’est à dire l’élaboration d’un test de dépistage commercialisé.Voilà des perspectives intéressantes pour les éleveurs de l’association et tous les propriétaires de Border Collie. Le vétérinaire souligne par ailleurs que dans cette quête, «le Border a 2 chan-ces : être un chien de travail et avoir un club de race qui a joué le jeu». En effet l’Association française du Border Collie, représentée ce jour par Joël Ballet, s’implique et collabore. Si le président Quintin affirme que ce «chèque est aussi pour nous les éleveurs», Gilles Chaudieu remercie l’association au nom de l’équipe de chercheurs du CNRS de Rennes, mais aussi en son nom car pour lui, cette recherche est «quelque chose qui compte dans (sa) vie professionnelle» et «la recherche intéressante est celle qui s’applique».

Suzanne Marion

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