La Haute-Loire Paysanne 06 octobre 2015 à 08h00 | Par Helena Cauvet

En vidéo : rencontre avec la FNB en amont du Sommet de l'Elevage

Chaque année, à la veille du Sommet de l'Elevage le président de la FNB et plusieurs responsables locaux se rendent sur une exploitation pour aller à la rencontre des éleveurs sur le terrain et parler des sujets d'actualité comme en ce moment la FCO etc. Des sujets que les responsables professionnels souhaitent aborder demain avec le Ministre de l'agriculture au Sommet de l'Elevage à Cournon. Le rendez-vous a eu lieu ce matin sur une exploitation de Haute-Loire à Saint Géron.

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© HLP

Le 6 octobre, la veille de l’ouverture du Sommet de l’élevage à Cournon, une délégation de la Fédération Nationale Bovine était reçue sur une exploitation de Haute-Loire, sur la commune de Saint-Géron.C’est dans une ambiance morose consécutive à la crise de l’élevage, à la sécheresse et à la FCO survenue dernièrement, que le Gaec Charbonnier, un élevage de 90 mères (70 salers et 20 abondances pour la production de veaux de boucherie des Monts du Velay-Forez), a reçu sur ses terres les responsables professionnels (FNB, FRSEA, FDSEA et JA Haute-Loire) et la presse. Durement touchés par la sécheresse estivale, les 3 associés de ce Gaec comptabilisent une perte économique comprise entre 11 000 et 12 000 euros liée à l’achat de bottes de foin et de ballots de paille supplémentaires. A cette calamité, s’est ajoutée la crise sanitaire de la FCO qui a considérablement gêné le commerce des animaux ; sur cette exploitation, ce sont 10 broutards, dont les prix étaient arrêtés, qui n’ont pas pu partir vers la Turquie ! Ce qui constitue non seulement un manque à gagner mais aussi un coût supplémentaire puisque les animaux sont désormais gardés sur l’exploitation. Pour finir sur la présentation du contexte, le président de la FDSEA, Yannick Fialip a rappelé que ce  temps d’échanges avec les éleveurs se déroulait en périmètre interdit eu égard à la FCO ; «Dans ce secteur, les veaux laitiers ne sont plus ramassés depuis 3 semaines et les broutards ne partent plus».


FCO : situation préoccupante

Pour Patrick Bénézit, président FRSEA Massif-central, la FCO a plongé le Massif-Central dans une situation extrêmement préoccupante, voire inédite : «D’ici fin 2015, un demi million d’animaux (broutards,veaux laitiers, reproducteurs) doivent sortir de cette zone vers l’export ou vers le marché français. C’est une situation de blocage économique qui n’est pas vivable pour les éleveurs».Aussi, la profession agricole attend des réponses de la part du Ministre de l’Agriculture au Sommet de l’élevage, en terme de protocoles sanitaires en négociations avec les pays importateurs.«Le potentiel génétique d’une exploitation agricole ne se construit pas en un jour mais par contre il peut être détruit en un jour !» a lancé Jean-Pierre Fleury, président de la FNB en faisant allusion à la crise de la FCO.Pour ce responsable national, sur ce dossier, «la France doit montrer qu’elle y voit clair dans l’avancée de la maladie au travers d’une cartographie. la carte comprendra deux zones : la zone indemne et la zone FCO ; on pourra ainsi supprimer tous les périmètres qui se trouvent en zones réglementées et vis à vis des pays étrangers, cela montre que la France domine sa situation».


Marchés à l’export : la responsabilité politique

«Il faudra aussi arriver à accompagner économiquement les exploitations où des cas de FCO se sont déclarés. Ces dernières sont soumises à des règles très strictes en terme de  vaccination qui conduisent à libérer les animaux 60 jours après la vaccination. Il faut que l’on arrive à assouplir ces règles».En ce qui concerne la réouverture des marchés fermés (Espagne, Italie, Turquie, Algérie) qui demeurent essentiels pour une zone de production comme le Massif-Central, Jean-Pierre Fleury en appelle à la responsabilité des politiques : «Les enjeux économiques sont tels que les politiques doivent prendre le pas».«A présent, nous sommes face à 2 solutions, soit la filière viande bovine fait preuve de compétitivité sur les marchés extérieurs soit on mise sur le marché intérieur ; dans ce dernier cas, la production devra être moindre ! Or, ce n’est pas le souhait de la profession» a indiqué Anthony Fayolle, président des JA.


L’Europe ultra-libéraliste

La crise profonde dans laquelle se trouve plongé l’élevage était au coeur des discussions. Or, sur ce point, la FNB ne compte plus sur l’Europe et pointe du doigt sa logique ultra-libéraliste. «La PAC a oublié la volatilité et la dérégulation du marché. L’Europe oublie les fondamentaux de l’Europe, l’indépendance alimentaire» souligne Jean-Pierre Fleury.La mobilisation des agriculteurs sur le terrain cet été,  n’a pas été vaine. «Nous avons l’adhésion totale de la population française. Et nous sommes en quelque sorte l’expression des dysfonctionnements de ce pays» ajoute-t-il. La mobilisation a par ailleurs abouti à un engagement inédit de la part des enseignes de la grande distribution dans la revalorisation des prix agricoles le 17 juin dernier.


Véronique Gruber

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